Bonjour à tou.te.s !

Je viens faire un témoignage un peu particulier. J’ai été en stage en temps de Covid. J’ai fait 2 stages, un rapatriement, un ajustement. J’aimerai vous en parler un peu. Vivre dans l’urgence, il faut s’y préparer. Mais reprenons depuis le début.

En tant qu’étudiante à la Maîtrise en gestion du développement international et action humanitaire (GDIAH), je dois effectuer un stage dans une organisation. Ayant une formation au départ en soins infirmiers, j’ai été rapproché de l’organisation Santé Plus Guinée. SPG a été créée en 2010 par le Dr Barry. SPG est situé dans le quartier Koloma Soloprimo à Conakry en Guinée. L’Organisation se définit comme une ONG africaine de développement qui œuvre dans le domaine de la Santé publique. Elle se donne comme mission de participer à l’amélioration de la santé et du bien-être des guinéens à travers la Recherche, la Formation et la Communication.

Dans un premier temps, mon mandat de stage stipulé que les résultats attendus étaient de « Contribuer à l’amélioration du niveau de compétence des étudiants en Faculté de Médecine, des cadres et de la clinique de Santé Plus. » à travers de nombreuses responsabilités telles que :

  • Participer à la formation des étudiant.e.s à la Faculté de Médecine et de l’Université ISIM en Gestion des services de santé ;
  • Participer à la formation continue mis en place dans les locaux de SPG des étudiant.e.s en suivi/évaluation ;
  • Améliorer la Gestion des services de santé de « Santé Plus Clinique » ;
  • D’évaluer l’appropriation des nouvelles méthodes proposées dans la rédaction de projets mis en place par un ancien étudiant à la maîtrise en GDIAH ;
  • Améliorer les compétences des cadres de Santé Plus à travers l’échange d’expérience en Gestion de Projets et Développement International.

Après 2 semaines d’observation et d’analyse de la structure, j’ai dû revoir mon mandat et l’ajuster aux besoins et aux réalités du terrain. De plus, certains objectifs formulés telle que la formation des étudiant.e.s à la Faculté de Médecine et de l’Université ISIM ont été vite stoppés car je n’avais pas les compétences nécessaires.

Concrètement qu’est-ce que j’ai fait ?

J’ai rencontré des partenaires pour des projets mis en place, j’ai commencé à faire la refonte et la mise en place d’une politique RH, j’ai suivi et corrigé les projets en cours. Malheureusement, au bout d’un mois et demi… Coucou le coronavirus vient mettre son grain de sel.

Le contexte politique en Guinée était assez tendu, même avant le coronavirus. L’adaptation sur place, l’ajustement de notre comportement pour s’intégrer en respectant les us et coutumes. C’est très enrichissant. J’ai eu la chance d’être entourée que de personnes locales. Vraiment une intégration complète au mode de vie. Ce que j’ai adoré. Ça n’a pas été facile tous les jours, loin de là, mais on se sent grandit en sortant.

 

Mais comment une pandémie mondiale a rendu ma situation étudiante, ma situation d’immigration, ma situation mentale si fragile ?

Bon, on va se parler comme si on était ami.e.s autour d’un verre ça te dit ? Je ne vais pas mettre les formes, pas vraiment mettre les grands mots. Je ne vais pas te parler du stage, de mes missions. Je vais plus te faire un retour sur comment on vit une urgence et comment on doit se préparer pour la vivre. J’avoue que j’avais un avantage : je sais réagir, et j’adore l’urgence. C’est un très bon coup de pieds dans le popotin et cette adrénaline est si bonne !

Je vais t’expliquer un peu comment j’ai vécu ma vie entre le moment où le premier cas de Covid en Guinée a été annoncé et le moment où j’ai fini mon stage au sein de la 2nd ONG (promis, je vais t’expliquer).

En tant que manager sans frontière, on doit s’attendre à tout, être prêt.e à tout changer du jour au lendemain. Ah bah niveau pratico-pratique, j’ai été servie ! C’est bien, je me plaignais qu’on n’avait pas assez de pratique dans cette maîtrise… Bon bah là, je retire ce que j’ai dit hein.

 

Alors. Reprenons.

Je suis en stage depuis le 1er février au sein de SPG. Comme je t’ai dit plus tôt dès le début, avec la réalité de terrain, j’ai bien vu que mon mandat devait être réajusté. Je n’avais pas beaucoup d’outils, ni de pratique. J’essayais de donner pas mal de conseils, et mon point de vue. J’ai été extrêmement bien accueillie. Dès le premier jour on m’a écouté, présenté, on s’est intéressé à moi. Avec mon passif de stagiaire en tant qu’étudiante infirmière, je n’avais pas l’habitude. Je ne connaissais rien au pays, mais les gens ont été tellement bienveillants que ça a été un bol d’air frais (enfin, frais, il faisait 35 degrés… Tout est relatif).

Le contexte politique est tendu en Guinée. Un peu de politique, un peu de sentiment de complot venant de la population, tout n’est pas clair. Mais les gens sont dans la rue plusieurs jours par semaine, le climat est un peu insécuritaire. Il faut faire attention mais ça va.

On voit à la télévision le virus qui touche la Chine, mais pour l’instant tout ça c’est loin (Ah, la naïveté du début). Petit à petit, on voit que le virus se rapproche de l’Europe, puis un cas en Afrique. Mais pas en Guinée. Ça va. En tant que française, je commence à me pencher dessus. J’ai des ami.e.s infirmier.e.s en France qui me disent que ça s’accélère dans les services. Ici, on est si loin de tout ça. Le fait d’être dans un pays étranger, de dépendre d’un autre pays, tout en étant originaire d’un troisième. On se sent comme le cul entre 2 chaises. On ne sait pas de qui on dépend. Mais on continue. Pour l’instant on a l’air en sécurité (très fragile).

10 mars, Conakry – Guinée.

Mardi, journée pas particulière. On entend aux infos que le virus a été détecté dans certains pays d’Afrique. Pas la Guinée. C’est tranquille encore, c’est une menace « lointaine », un virus du Nord comme diraient mes collègues. Pas pire que l’Ebola, mais qui peut bien abimer l’économie déjà fragile. Mais il ne fait pas peur. On fera attention.

Personnellement, ça touche la France, ça me touche. Et j’étais inquiète mes collègues en GDIAH commençaient à être rapatriées par leur ONG respectives. Moi, étant donné que j’étais dans une ONG locale, ils n’allaient pas me renvoyer de chez eux. Ça n’avait pas de sens. Des vols commencent à être annulés, les frontières commencent à se fermer… Moi je n’ai pas de nouvelles, ni de mon université, ni de mon pays. J’étais partie de France, je devais rentrer en France le 11 mai. Les violences et les tensions politiques étaient bien plus inquiétantes pour moi que le coronavirus à ce moment-là.

11 mars, Conakry – Guinée.

Mercredi, on commence à préparer la réunion d’information de l’Agence Nationale de Sécurté Sanitaire de Guinée et de mise en place des gestes barrières, il faut penser à la communication, à l’anticipation de la réaction de la population face au virus qui va finir par arriver. La réunion est le jeudi. On sait que ça va tomber, il faut que la population commence à se protéger. Juste au cas où.

12 mars, Conakry – Guinée.

Mes collègues sont rapatriées au Canada. Elles n’étaient pas en Guinée, mais leur ONG leur demande de rentrer. Le billet d’avion est pris. Je n’ai toujours pas de nouvelles. J’attends. Je commence à angoisser. Les vols pour me ramener en France s’annulent petit à petit. Le jeudi comme tous les jeudis à cause des tensions politiques, la ville est « morte ». Protestations politiques. Violences dans les rues, magasins fermés, route à éviter voire interdites. Nous allons à la réunion : pas de cas en Guinée, mais on met en place le lavage des mains, la prise de température, et on commence à parler stratégie.

Le soir même le verdict tombe : 1 personne est atteinte. Une femme qui est arrivée la semaine dernière. Elle aurait été en contact avec plus de 280 personnes.

13 mars, Conakry – Guinée.

J’appelle l’ambassade à la première heure : On fait quoi ? Comment ça se passe ? Des conseils ? « Ho pas de consignes pour le moment, c’est seulement un cas isolé, on vous tiendra au courant ». Ah. Bon.

En parallèle, j’envoie un message à l’université : On fait quoi ? Comment ça se passe ? Des conseils ?

Il est 10h du matin, soit 4h du matin au Canada. On est vendredi, la ville est encore morte. Mais nous, on ne s’arrête pas. Je suis dans une ONG de santé publique. C’est maintenant qu’il faut réagir. On est appelé à participer à une conférence de presse le lendemain matin à 9h. On a la journée pour commencer à réfléchir à des projets.

Il est 15h. L’ambiance à l’extérieur est un peu tendue, il vaut mieux rentrer, le premier cas de covid qui fait parler, les tensions politiques. L’atmosphère change petit à petit.

Pas de nouvelle de l’université. Il est 17h, je ne sais pas les consignes, je ne sais pas ce que je dois faire, mes collègues de promos doivent rentrer, mais je ne sais rien.

21h : Mail de l’université : vous devez rentrer au plus vite au Canada. Prenez contact avec cette agence de voyage pour rentrer.

Il est 22h, après une heure de négociation avec l’Université pour rentrer en France, refus. Je dois rentrer au Canada. Je n’ai pas mes papiers d’immigration, pas mes cartes bancaires, pas d’affaires d’hiver (dois-je rappeler qu’au Québec en plein mois de mars il fait -20 degrés ? et qu’en Guinée il faisait 35 ?). N’ayant aucun papier, j’essaie de contacter les services d’immigration, sans réponse. Ils sont évidemment sur attente. Je ne sais pas si je vais être acceptée sur le territoire. Mais ai-je le choix ?

Il est 23h, je n’ai pas de nouvelle de l’agence de voyage.

1h du matin : l’agence me propose un vol retour le jeudi, 4000$. J’veux voir d’autres solutions, il est cher, les vols s’annulent à une vitesse folle. Qui dit que le jeudi je pourrai décoller ?

Il est 2h du matin, dans 7h je suis à une conférence de presse, je n’ai pas internet à l’extérieur de l’hôtel, je n’ai pas de réponse de l’immigration. La négociation pour rentrer en France ne donne rien. Les vols continuent à s’annuler.

3h : toujours pas de nouvelles de l’agence. Un second cas est annoncé en Guinée. Je commence ma valise. Je me prépare à partir.

4h : comment veux-tu que je dorme ? Je n’ai pas de nouvelles de mon retour, pas de papiers, pas de dollars canadiens. Je n’ai pas de téléphone. Il est 22h au Canada, 5h en France. Pas de ressources ni d’un pays ni de l’autre.

Bon autant te dire que je n’ai pas dormi.

14 mars, Conakry – Guinée 

Il est 7h. Avec les manifestations, on est obligé de partir 2h avant pour assister à la conférence de presse. Ma valise est à moitié faite.

9h : conférence de presse. Toutes les ONG locales et internationales sont réunies autour de la table. On écoute l’OMS parler, les Nations Unis, les représentants de la Santé en Guinée. Tout le beau monde est là entouré de la radio, la télévision, les journaux locaux et nationaux. Tout le monde me regarde parce qu’ils ne m’ont jamais vu : suis-je une menace en ces temps où les personnes étrangères sont potentiellement contaminées. C’est la première fois qu’on me regarde avec méfiance.

12h : on sort de la réunion. Faut que je rentre à l’hôtel. Je ne sais pas si j’ai des nouvelles de l’immigration ou de mon avion. Une collègue m’appelle : je suis passée à la TV Guinéenne, au pire, si je suis bloquée ici, je pense à me reconvertir en pop star.

14h30 : mail de l’agence : vol ce soir, 21h, 1400$. Banco. Ça part. Cela fait 17h que je suis au courant de mon départ, j’ai encore 5h. En moins de 24h j’aurai décollé.

Je passe la journée à courir au bureau de l’ONG récupérer mes affaires, essayer de dire au revoir à mes collègues et personnes que j’ai rencontré là bas, chercher du cash pour payer l’hôtel (essaie de trouver un ATM dans un pays où les gens n’ont pas de CB), payer mes dettes, plier ma valise.

Il est 17h et je suis prête. Mon collègue vient me chercher. Il faut une heure pour aller à l’aéroport, et je dois y être à 19h. Je suis déjà fatiguée. Et je n’ai pas encore fait la moitié des choses à faire.

J’arrive à l’aéroport, toutes les mesures qui ont été dictées le matin même durant la conférence de presse sont en place : prise de température, lavage des mains, mise en place de la désinfection de tout objet réutilisé. Je saute dans l’avion. Je ne sais pas comment va se passer mon retour, pas d’endroits pour dormir, pas vraiment d’argent, juste de très bonnes amies qui essaient de trouver des solutions sur place.

J’arrive dans l’avion : et là, évidemment, tous les questionnements commencent : il va advenir quoi de mon stage ? il me manque 1 mois et demi à faire, on ne sait pas comment ça va évoluer. Je n’ai pas dormi depuis jeudi matin. Et impossible de trouver le sommeil. C’est pas grave, je fini le projet que j’avais commencé, je l’enverrai une fois à Paris.

15 mars, Paris – Charles de Gaule.

58h que je n’ai pas dormi, je suis dans un aéroport à me laver les mains pour la 25ème fois et c’est le craquage. Qu’est-ce que je vais faire à Québec ? Je vais dormir où ? Je n’ai pas d’argent, pas mes papiers d’immigration, aucune carte d’assurance maladie ou bancaires. J’arrive littéralement comme une touriste. Une touriste avec un tee-shirt et un jean alors qu’il fait -20.

16 mars, Montréal – Canada

Bon, bah coucou me revoilà. Ça fait (pas si) longtemps ! J’dois attendre un bus, aller à Québec, trouver un lit et dormir 24h. Environ 70h que je n’ai pas dormi, et je ne sais pas où je vais. Je dois attendre dehors parce que coronavirus ne veut pas qu’on reste trop dans un endroit clos. Vous avez déjà vu une fille en tee-shirt à l’aéroport de Montréal en mars ? Oui, bah ça devait être une fille perdue comme moi. Mais ce n’est pas grave. Je suis « chez moi » aussi ici. Je suis contente de rentrer. De voir de la neige, d’avoir un peu de frais (bon là, j’avoue ça fait beaucoup de frais d’un coup). Je respire. Il n’y a plus de poussière dans l’air. Je craque ma première clope depuis mon départ. Le stress fait que je la fume très rapidement. J’en prends une deuxième. Ça me permet de me contenir et de penser à autre chose que le froid. Le bus arrive. Du wifi à l’intérieur qu’ils disaient. J’pensais chercher une chambre. Je n’ai pas de wifi, un hors forfait de 150€. Et pas de chambre.

Coucou Québec. 75h sans dormir. Un stress assez intense. Apparemment, aux résidences, ils auraient une place pour moi. Je revois plein de beaux sourires que je n’avais pas vu depuis longtemps. Les résidences me refusent : je suis un risque. Hé frère, ne me fais pas dormir dehors. Je n’ai pas vraiment l’out fit pour. Refus catégorique. On m’héberge pour la nuit. Avant de dormir j’envoie un email, pas très dosé, un peu violent, très spontané, au Bureau International de l’Université qui me rapatrie mais qui n’a rien prévu pour les étudiant.e.s étranger.e.s qui sont rapatrié.e.s sans famille, argent ou logement sur place.

17 mars, Québec – Canada

J’ai dormi 7h. Je suis prête à affronter une journée, trouver une solution pour dormir (finalement, j’ai crash chez une amie, qui ne peut pas vraiment loger une sans abri à risque sur le long terme).

Le Bureau me répond à mon mail (incendiaire) et me dit qu’il y a un appartement en résidence. AH MERCI. Je vais vivre dedans pendant ma quatorzaine.

Je m’installe dans cet appart, grand, 4 chambres, j’ai 2 lits dans ma chambre, de vrais petits nuages de confort après le matelas fin sur la planche de bois de Conakry. Il est 20h. Je dors déjà.

18 mars, Québec – Canada.

Il s’en suit 21 jours de confinement. Des personnes nous on rejoint au bout de 7 jours, donc ça rallonge. En attendant, j’apprends que mon stage ne peut pas être validé. Probablement qu’il va falloir que je reparte, que je reprenne à 0. Alors, comment vous dire que niveau flou on est au summum. Je ne sais pas combien de temps va durer cette pandémie, mais je n’ai pas très envie d’être diplômée dans 1 ou 2 ans. Du coup, je cherche une solution, j’appelle Carlos (magnifique personne ressource). Après une vingtaine de mail, des appels. Je trouve un second stage chez Nutrition Sans Frontière.

Un an seulement après sa fondation, NSF a réalisé plus de 500 jours de mission, plus particulièrement au Bénin au cours desquels il a rencontré tous les paliers : ministres, Directeur de la protection de l’enfance, Secretaire permanent du CAN, les gros joueurs comme UNICEF, OXFAM, la télé nationale etc. tout autant que les communautés et individus les plus désavantagés elles-mêmes, soit les mères et les enfants. La connaissance du milieu et les ancrages dans ce pays sont notre force. La logistique (hébergement, transport etc) sur place a été réglée grâce aux missions de l’année et grâce à de nombreux partenaires de confiance, ce qui est déjà un exploit en si peu de temps. Nous pouvons assurer un séjour en toute sécurité et bien organisé car nous avons acquis l’expérience du pays.

NSF axe ses actions sur le renforcement de capacités locales. La première année d’activité a permis de lancer un projet pour prévenir la malnutrition en milieu scolaire, et la Coalition s’apprêtait à lancer cet été un projet d’adaptation du programme OLO qui offre le soutien nutritionnel aux mères dès les 12 semaines de grossesse (totalement innovateur au Bénin). La pandémie COVID-19 force NSF à réorienter ses priorités à moyen terme, car toutes les activités de levée de fonds ont dû être annulées ainsi que les missions de l’été. NSF souhaite en profiter pour consolider son autosuffisance et mettre en place son siège social, qui pourra servir d’ancrage dans la communauté québécoise et permettre de générer des revenus en même temps.

Concrètement ? Je dois aider NSF à trouver des financements récurrents. A distance. Sans connaitre les personnes. Mais ce n’est pas grave, internet est là pour nous aider à rester en contact et le mandat se passe.

 

Aujourd’hui qu’est ce que j’en retire de tout ça ?

Déjà je me sens capable d’affronter l’urgence et la précipitation. Combien de gens peuvent dire qu’ils ont vécu le rapatriement, trouvé un second stage, finir à l’heure leur études avec toutes les incertitudes du départ ?

Qu’est-ce que j’en retiens ?

En tant que gestionnaire en DIAH, j’en retiens qu’il faut être prêt.e à toutes les éventualités, qu’il faut toujours être préparé.e à tout lâcher du jour au lendemain. Je me rends compte à quel point se tenir au courant des actualités est important. Mais plus important encore, il faut avant de partir anticiper. Je n’avais pas assez anticipé en laissant mes papiers d’immigration. Ce genre de papiers qu’il faut toujours avec soi même si à première vue, ils ne seront pas utiles.

Je n’arrive pas encore à prendre suffisamment de recul sur tout ça, c’est très nouveau encore, et l’écrire et le raconter aide aussi. J’ai eu énormément de chance, parce que les gens qui sont autour de moi sont extrêmement présents et bienveillants envers moi. Même à l’autre bout du monde, même dans les pires situations, les proches restent ma plus grande ancre.

C’est une merveilleuse expérience. Elle a été remplie de frustration dans le sens où mes 2 diplômes qui auraient pu être mis à profit ne m’ont pas servi. Et même si au niveau théorisque je n’ai pas appris beaucoup, que je ne suis pas quelqu’un de très scolaire avec des facilités d’écriture de projets, de rapports, que je ne sais toujours pas faire un budget prévisionnel correctement, que mon cadre logique manque justement de logique, humainement et personnellement cette expérience a été vraiment révélatrice et formatrice pour moi. C’est peut-être la chose la plus importante à retenir : oui je n’ai pas forcément acquis les bases théoriques, je n’ai pas de facilités à écrire rédiger communiquer de manière formelle. Mais je sais maintenant que je suis capable de supporter la précipitation et rebondir rapidement. Et finalement, cette expérience m’a apporté bien plus que si j’avais appris à rédiger un budget correctement.

Autre chose : toujours partir avec son appareil photo.

Merci à tou.te.s pour votre lecture,

Prenez soin de vous, tirez toujours le positif d’une situation, et ça va bien aller.

Léa